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| french |
karen_2001 |
09/24/03 |
i was reading this story and have trouble understanding I nkow it's about a girl who's beautiful can you explain the story for me please?
Rosemarie Horisberger lance une nouvelle mode dans le domaine du
tourisme culturel. Elle propose des balades le long de voies ferrées
désaffectées. Elle appelle cela le "Railtrekking". Plus qu'aux
vestiges du chemin de fer, la belle Rosemarie s'intéresse aux
histoires qui entourent les installations tombées en désuétude. Il y a
bien deux ans, m'a-t-elle raconté la semaine passée, je suis tombée,
un soir de février, lors d'un voyage de reconnaissance dans l'ouest de
la France, sur la gare perdue de S.On y avait un air propret. Les
barrières et la cloche étaient peints de frais; la vieille horloge
fonctionnait. Le bistrot, aménagé dans l'ancienne salle des guichets
était plein d'habitués et de fumée. Je me suis assise à une table et
j'ai commandé du gigot d'agneau avec un gratin dauphinois, accompagné
d'une bouteille de Château Rauisan-Ségla 1990. J'étais en train de me
régaler du délicieux hors d'oeuvre, lorsqu'un client a voulu savoir si
j'avais peur des fantômes. Avant que j'aie pu répondre non, on a
entendu, perçant le brouillard de fumée de cigarettes et de vapeurs de
cuisine, la voix du patron rondouillard qui criait: "Mais tais-toi,
Boris!" L'affaire commençait à m'intéresser. j'ai invité Boris à boire
un verre de Margaux. C'est ainsi que j'ai appris la légende du dernier
chef de gare de S., Olivier Prudhomme. Olivier s'était amouraché, 26
ans, de Rose Marie Denizet, la plus jolie des quatre jolies filles du
forgeron du village, qui exploitait en outre un garage. Chaque samedi,
elle allait au marché à vélo. Elle devait attendre à la barrière le
passage du rain de neuf heures. A ces occasions, le charmant Olivier
lui fit d'abord les yeux doux, puis la cour. Rose Marie ignorait ses
avances. Alors, il eut l'idée d'une méthode plus efficace. Il
confectionne un calicot, et un samedi, avant que Rose Marie n'arrive à
la gare, l'attache, tout plié, aux deux montants de la barrière
fermée. Après le passage du train, Olivier fait lever la barrière.
Alors, la toile s'est ouverte. Au-dessus de la route on a pu lire,
écrit en grosses lettres: "Rose Marie, tu es la plus belle." Désormais
Rose Marie était elle aussi amoureuse d'Olivier. Mais son père ,
Germain Denizet, qui méprisait le train et ses employés, lorsqu'il eut
vent de l'affaire, la mit aux arrêts domestiques. Il envoya dès lors
au marché Sylvie, sa deuxième plus jolie fille. L'ambitieux Denizet
obligea plus tard Rose Marie à épouser le vaniteux Paul Lesecq, le
préfet du département. On lui prédisait une éblouissante carrière.
Lesecq imagina un départ en voyage de noces sensationnel. Il fit jouer
ses relations auprès de l'adminstration des chemins de fer. L'orde fut
donné de faire arrêter exceptionnellement à S. l'express de nuit pour
Paris. Olivier dut reprendre son service au milieu de la nuit, afin
que Rose Marie et Lesecq puissent monter dans le wagon-lit très
select. A une heure tapante, Olivier donna le signal du départ. Depuis
lors, son caractère avait changé. Il était devenu taciturne et
agressif. Il continuait cependant d'accomplir consciencieusement sa
tâche. Jusqu'au jour où la SNCF décida, pour des motifs inexpliqués,
de fermer ce secteur. On chuchotait que le préfet et son beau-père le
garagiste y étaient pour quelque chose. Olivier est monté dans le
dernier train qui a quitté S. Il n'est jamis revenu. Personne ne sait
ce qu'il est devenu. Voilà ce que m'a raconté Boris. Entre-temps
j'avais terminé le plat principal, ainsi que la plus grande partie du
Rausan-Ségla, continua Rosemarie. J'ai attaqué le fromage et j'ai
voulu savoir ce que l'histoire d'Olivier avait à voir avec les
fantômes. Boris a allumé une gitane. Après quelques profondes
bouffées, il m'a dévoilé le secret: depuis qu'Olivier a disparu, une
fois par année, le vieil express de nuit passe à tout allure, à une
heure du matin, en train fantôme, par notre gare. Il y a eu tout à
coup un silence de mort dans le bistrot. Le patron est venu à notre
table et a déclaré, la mine grave: "Boris ne vous raconte que des
mensonges, Madames Horisberger. C'est le vent du nord qui provoque ce
bruit. Il est particulèrement tempétueux à la période de l'année dont
il s'agit." "Quand est-ce que cela se passe?" ai-je demandé à Boris.
"Toujours du 12 au 13 février, la nuit où Rose Marie et le préfet sont
montés dans le wagon-lit" "Alors ce serait cette nuit?" "Exactement,
Rosemarie, ricana Boris. Je ne me suis plus préoccupée de son récit,
j'ai fini le cognac qu'il m'a offert et je suis montée, un peu grise,
dans ma chambre. La nuit j'ai été réveillée en sursaut par la cloche
de la gare qui sonnait en tempête. J'ai bondi du lit, car le sol, les
fenêtres et la table commençaient à vibrer sous l'effet d'un grndement
qui paraissait celui d'un express roulant à toute allure. La
fantasmagorie n'a duré qu'une demi-minute, qui m'a paru une éternité.
J'ai ouvert les volets. La lune brillait, la nuit était froide et
claire. Il n'y avait pas un soufle. L'horloge de la gare marquait une
heure une. Le lendemain, j'ai eu des doutes. Encore aujourd'hui, je me
demande si je n'ai fait que rêver tout cela. En terminant son récit,
Rosemarie m'a dit qu'une chose était certaine. En quittant l'hôtel
elle avait aussitôt remarqué le calicot qui voletait entre les
montants des barrières: Rose Marie, tu es la plus belle. |
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